MoDem
BAINS
François Bayrou s'est
démarqué dimanche de la proposition de Nicolas Sarkozy de refonder le capitalisme, en
opposant au "capital qui commande" un humanisme sur lequel il s'est appuyé pour critiquer vertement la politique de la
majorité.
"Je ne crois pas plus à la refondation du capitalisme que je ne crois à la refondation du socialisme", a lancé le président du MoDem devant environ 2000 personnes réunis dans la salle parisienne de la Mutualité pour la première conférence nationale du Mouvement Démocrate.
Pour lui, il y a de la "naïveté" "à croire qu'on peut dicter à des mécanismes en œuvre depuis le début des temps de se plier à la volonté politique publicitaire". "Je crois qu'il n'y a pas beaucoup de chances que cela marche selon ces méthodes de communication", a-t-il ajouté, en référence aux efforts de Nicolas Sarkozy pour refonder le système afin d'éviter de futures crises financières.
Le président du MoDem a aussi regretté que "la pédagogie de cette crise n'ait pas été faite". Selon lui, les Français se demandent "d'où sort l'argent" apporté pour aider le système bancaire et pourquoi l'État ne trouve pas dans le même élan les moyens de répondre à leurs préoccupations quotidiennes. "En période de plans sociaux, de chômage annoncé, de restrictions de toutes natures, cette question peut annoncer une crise sociale", a-t-il mis en garde.
Plus largement, François Bayrou a dénoncé la tentative de Nicolas Sarkozy de défendre "un capitalisme idéal", "vertueux", par opposition au capitalisme financier "responsable" de la crise. "Capitalisme, ça veut dire que pour les sociétés, l'essentiel est dans le capital (...) C'est le capital qui commande et le profit qui donne le sens", a traduit François Bayrou, pour qui il y a là "le contraire exact" de ses propres convictions.
"Nous n'adhérons pas au capitalisme. Nous adhérons à l'humanisme", a-t-il conclu: "l'essentiel dans la vie, c'est le non-marchand".
Ainsi, "il est fondamental (...) qu'il y ait un jour dans la semaine pour la plupart des Français où on puisse montrer aux enfants qu'il y a autre chose dans la vie que consommer et acheter", a demandé le Président du MoDem, s'opposant ainsi à l'assouplissement du travail le dimanche voulu par la majorité.
François Bayrou s'est encore opposé au mode de financement du RSA (revenu de solidarité active) qui reposera "sur les épaules de tous les Français à l'exception des plus riches" ou encore à la privatisation de la Poste et à la réforme du lycée. Avant lui, la députée européenne Marielle de Sarnez avait demandé "un vrai plan de soutien à notre économie", qui serait financé par la suppression du bouclier fiscal et des niches fiscales pour les plus hauts revenus, une hausse des droits de succession ou encore le maintien de la publicité sur les chaînes publiques. Autant de mesures emblématiques du bilan de la majorité, dont le MoDem s'est à nouveau nettement démarqué.
François Bayrou a d'ailleurs annoncé que le Mouvement Démocrate préparait des listes "indépendantes" pour les européennes du printemps prochain. "En face du projet socialiste des uns, capitaliste des autres, il y aura un projet humaniste. Les Français choisiront."