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Opinions

Vendredi 19 septembre 2008

Contrairement aux idées véhiculées par les médias, le pouvoir d’achat français continue de croître. Alors pourquoi ce leitmotiv de la baisse du pouvoir d’achat ? Un rappel de méthodologie et un retour sur les chiffres s’impose.

 

Le terme de pouvoir d’achat est couramment associé au revenu disponible brut réel, à savoir le revenu disponible brut déflaté par le prix des dépenses de consommation des ménages. Il s’agit d’une grandeur macroéconomique. Parallèlement, l’INSEE publie un concept microéconomique de revenu disponible. Celui-ci provient de données d’enquêtes (enquête sur les Revenus Fiscaux) qui permet de disposer du revenu moyen disponible par ménage. Ce sont d’ailleurs ces données individuelles qui permettent de calculer les indicateurs d’inégalités (concentration, coefficient de Gini, rapport inter-déciles…). Chacun doit donc faire l’objet d’une analyse particulière. 

 

Le pouvoir d’achat, au sens global du terme, augmente régulièrement en France ces dernières années (+2,6 en 2004, +1,7% en 2005, +2,3% en 2006). En 2007, il a encore progressé de 3,3%.

 

Pourtant, les ménages ont nettement l’impression que leur pouvoir d’achat ne cesse d’être amputé. De nombreuses raisons expliquent ce sentiment. Sans vouloir être exhaustif, essayons de recenser les principales.

 

Deux raisons économiques majeures peuvent être pointées :

 

ü                 La croissance des revenus du travail augmente, mais à un rythme plus lent, alors que celle des revenus du patrimoine s’accélère. Or, la majorité des ménages ne reçoit ni intérêts et/ou dividendes, ni loyers créant une écart de croissance des revenus en faveur des ménages possédants.

 

ü                 La structure des dépenses s’est modifiée, plus particulièrement pour les ménages les plus modestes, avec une charge accrue des dépenses imputées (qui représentent 16% du RDB) et des dépenses liées au logement en général, ainsi que des dépenses contraintes que sont l’énergie, les transports et les produits de première nécessité (alimentation notamment).  Compte tenu de cette structure de consommation, les ménages les plus modestes souffrent davantage de la hausse des prix à la consommation. En outre, les charges de logement représentent jusque la moitié des revenus pour les plus modestes contre moins d’un quart pour les ménages les plus aisés. Sans oublier qu’une hausse des loyers apporte un surcroît de revenu aux ménages propriétaires.

 

Des raisons démographiques et/ou sociologiques s’ajoutent à celles-ci. La population française croît à un rythme relativement élevé (jusqu’à 0,6% par an) du fait d’un taux de natalité important et d’une mortalité qui ne cesse de chuter. De fait, le pouvoir d’achat par tête s’en trouve donc en contrepartie affecté. De même, pour les raisons sociologiques que l’on connait, l’accroissement du nombre de ménages (y compris famille monoparentales, etc…) se révèle dynamique (+1,4% par an), d’où un pouvoir d’achat par foyer qui se trouve amputé à ce titre.

 

Par ailleurs, le pouvoir d’achat s’observe également par les rapports inter-déciles, reflet des inégalités entre les plus modestes et les mieux lotis. Depuis 2001, ce rapport diminue légèrement (3,23 en 2001 pour 3,15 en 2006) : l’écart entre le niveau de vie des 10% des ménages les plus riches et celui des 10% des ménages les plus pauvres s’est légèrement amélioré. A noter que cet écart inter-décile s’était fortement réduit depuis les années 50 (rapport d’environ 9 en 50 et environ 6 en 60), avant de se stabiliser vers 3,2 depuis les années 90.

 

 

Néanmoins, cette méthodologie mérite d’être précisée :

 

D’une part, elle ne mesure pas les extrêmes. Une étude récente de Camille Landais montre clairement que les très hauts revenus (0,01% les plus riches, soit 3500 contribuables en France) explosent : +42,6% entre 98 et 2005. La tranche des 10% les plus aisés, pour sa part, a vu son revenu n’augmenter « que » de 8,7% et les 90% restant n’ont eu qu’une hausse de 4,6% de leur revenu sur 8 ans, soit un accroissement annuel moyen du revenu de 0,56%, donc bien en-deçà de l’accroissement annuel de la richesse. En d’autres termes, les ménages les plus aisés captent en termes relatifs une partie plus importante de la richesse produite.

 

D’autre part, à l’autre extrémité de l’échelle des revenus, se pose le problème de la pauvreté. L’intensité de la pauvreté est mesurée par l’écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté. Le nombre de personnes vivant avec moins de 40% du revenu médian a augmenté de 14%. Autrement dit, les plus pauvres sont de plus en plus pauvres. Si l’on prend les personnes vivant avec moins de 60% du revenu médian, la proportion est en revanche en légère amélioration, comme le note Jean Peyrelevade dans son dernier livre, de 13% à 12% entre 1996 et aujourd’hui, un chiffre sensiblement inférieur à la moyenne européenne.

 

Au total, le rapport inter-décile est stable ou s’améliore légèrement, mais les inégalités se creusent aux extrêmes.

 

La « classe moyenne », celle qui se situe entre D2 et D8 (selon le critère de Louis Chauvel, la classe moyenne représente 80% de la population), semble encore relativement protégée de cette polarisation. En dynamique toutefois, une minorité issue des classes moyennes réussit à monter dans les classes supérieures (exemple des ingénieurs très diplômés), la précarité de l’emploi s’accroît pour les fractions inférieures (ouvriers et employés qualifiés), et les fractions intermédiaires (instituteurs, infirmières, professeurs de lycées, etc.) buttent sur la fin de l’expansion de la fonction publique (limitation du nombre des fonctionnaires liée aux contraintes budgétaires).

 

En résumé, le pouvoir d’achat s’accroit en moyenne. Cette hausse masque toutefois une réalité plus complexe, qui explique la perception des Français sur la baisse du pouvoir d’achat (qui en font leur première préoccupation). Il apparaît enfin que rien ne justifie à ce stade une politique qui privilégierait les plus aisés, comme le fait le gouvernement actuellement.

 



Vous pouvez retrouver une partie de l'intervention de Delphine Bense lors de l'Université de rentrée du Mouvement Démocrate à Cap Estérel :

Par Delphine Bense
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Mercredi 16 juillet 2008
«Le rapport d'orientation budgétaire, c'est à pleurer. Il n'y a rien sur les recettes, rien sur la stratégie. Cela ne peut pas continuer.» Cette critique à l'égard de la politique économique du gouvernement, ce n'est pas un membre de l'opposition qui la formule, mais le très UMP Gilles Carrez.

Le rapporteur général du budget de l'Assemblée nationale s'exprime dans une vidéo, réalisée le 10 juillet par Alain Lambert, ancien ministre délégué au budget et à la réforme budgétaire sous Raffarin, en marge de la Conférence nationale des exécutifs.

Par MoDem Aix
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Mardi 17 juin 2008

En ce jour d'action nationale sur les retraites et le temps de travail, force est de constater que ce moyen de revendication n'apparait plus comme un moyen efficace, ni rassembleur. De nouvelles méthodes de négociation doivent certainement être envisagées et testées.

Le taux de syndicalisation en France est estimé à près de 8 %, taux beaucoup plus faible qu'en Suède (70 %) ou bien le Danemark (74 %). La comparaison n'est pas très pertinente puisque les pays du Nord font partie de ce qu'on appelle « le système de Gand » qui confère aux organisations syndicales tout ou partie de la gestion des allocations de chômage et de l'assurance-chômage ainsi qu'un certain nombre de services (mutuelles, assistance pour négocier le contrat de travail et le salaire, aide juridique). Cependant, il faut noter que même la Grande-Bretagne, pays soi-disant si libéral, à un taux de syndicalisation de 30 %.

Faut-il s'alarmer de notre faible taux de syndicalisation ? Si on rapporte le nombre d'adhérents des partis politiques au nombre d'inscrits sur les listes électorales le résultat obtenu serait inférieur à 2 % et pourtant personne ne s'inquiète du faible taux de participation des citoyens au sein des organisations politiques.

Le nombre d'adhérents ne devrait donc pas résumer la question de la présence syndicale dans les entreprises et donc la légitimité des organisations à intervenir en qualité de représentant. On remarque d'ailleurs que la présence de représentants du personnel dans les établissements de plus de 50 salariés augmente de façon régulière depuis le début des années 1990. De même, on souligne assez facilement le conservatisme des organisations syndicales alors que leur propension à signer des accords est en moyenne de 87 %.

Alors comment développer la démocratie sociale en France ? L’exemple suédois mérite d'être étudié puisqu’il partage un certain nombre de points communs avec le cas français : 94 % des entreprises ont moins de 10 employés et 40 % des employés du secteur privé travaillent dans une entreprise de moins de 50 salariés. Depuis 1974, la Suède a obligé la désignation de représentants syndicaux régionaux en charge de veiller au respect des normes de santé et de sécurité au travail en particulier dans les petites entreprises. Ce système permet un dialogue nourri et constant entre les partenaires sociaux au niveau régional et national.

Lors de la présidentielle de 2007, François Bayrou souhaitait confier aux partenaires sociaux la plénitude de la gestion des régimes de retraite. Il souhaitait également leur demander d'élaborer de nouvelles règles de représentativité et de prendre ensemble des mesures propres à concilier les exigences de la souplesse et celle de la sécurisation des parcours professionnels.

Par Raynald VIAL
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Dimanche 11 mai 2008
On se pose beaucoup trop de questions au MoDem : indépendance ou alliance aux municipales ?  un Président ou une présidence collégiale à la tête des mouvements départementaux ? resterons-nous unis ou allons-nous nous diviser ?

Arrêtons de tergiverser et adoptons enfin la méthode Abdoulatifou Aly, faisons aussi de la Savoie, comme Mayotte, une principauté démocrate : ben, vous savez, quoi ! le fait du prince, la philosophie du "moi je ...". Vous ne voulez quand même pas qu'on demande leur avis aux adhérents en plus ?!? Et laissez-nous mettre nos femmes là où ça nous chante selon notre bon plaisir !!!

Par Raynald VIAL
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Mercredi 26 mars 2008

Je me réjouis aujourd’hui de la création d’un secrétariat d’État en charge du développement de l'économie numérique qui, je le pense, est une avancée importante qui doit être l’objet d’une grande ambition.

J'avais déjà évoqué ici sur ce blog la proposition émise en janvier 2008 par le rapport Attali qui consistait à nommer un haut-commissaire au développement numérique (proposition n°63). La semaine dernière, Éric Besson a donc été nommé secrétaire d’État au développement de l’économie numérique en plus de ses fonctions en matière de prospective et d’évaluation des politiques publiques.

Il faut savoir que l’économie numérique est un domaine très important puisque les rapports Levy-Jouyet et Attali rappelaient que les technologies de l'information et de la communication (TIC) pourraient apporter à la France un demi-point de croissance supplémentaire. Nous savons que l’influence des TIC dans la croissance du PIB français est inférieure de 0,4 à 0,8 points à ce qu’elle est dans d’autres pays européens et que les TIC représentent 40% des gains de productivité. Il faut donc absolument libérer ce potentiel de croissance et de création d’emplois.

Reste à savoir quel va être le périmètre d'action de ce nouveau secrétariat d'État et ses conséquences sur d'autres structures existantes comme le ministère de la culture ou bien la direction du développement des médias avec laquelle je collabore. Au niveau de la culture, la question est de savoir si, par exemple, la ministre de la culture peut encore avoir du pouvoir face aux créateurs et distributeurs de contenus culturels si un secrétariat d'État s'empare des questions de l'économie culturelle numérique. Va-t-elle devoir limiter son action au spectacle vivant et à la culture non marchande et laisser au nouveau secrétariat d'État ce qui relève de l'économie culturelle marchande ?

Vous voyez bien que cette question est très importante. J'aurai donc l'occasion d'en reparler dans les prochaines semaines puisque c’est un secrétariat d'État dont je suivrai de très près l'action.

Par Raynald VIAL
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Mardi 11 mars 2008

Ce jeudi en fin d’après midi me voilà embarquant dans l’un des cars nous conduisant de Chambéry à Annecy pour le meeting régional de début de campagne présidentielle de François Bayrou. 

A l’époque je ne connaissais que lui mais, très vite, de réunions en réunions rue des écoles, j’ai fait connaissance progressivement avec les composantes de ce nouveau parti politique français baptisé par les jeunes sympathisants le MoDem.1/3 de membres de l’UDF, 1/3 de déçus du socialisme et 1/3 comme moi de personnes portant de l’attention à la politique mais sans avoir pris de carte dans un parti politique et ayant pas ou peu milité. 

Pourquoi cet engagement ? Les propos et les attitudes de François Bayrou étaient différents de ceux de la classe politique en place les années écoulées. 

Ce topo ayant une connotation politique volontairement faible, je dirais seulement que je pense que c’est pour cette raison que presque 7000000 de français ont voté pour cette homme parlant différemment et donnant un sens à une profonde envie de renouvellement. 

bayrou_lyon.jpg Puis le car nous a emmenés quelques semaines plus tard à Lyon, à ce grandiose meeting porteur d’espoirs raisonnables. 

Mais il n’y a pas eu de deuxième tour pour François. Plus de personnes auraient mis, comme moi, un bulletin blanc dans leur enveloppe, le résultat du second tour n’aurait pas changé, mais un message se serait peut être dégagé. Mais en démocratie « On ne refait pas le match ».  

Le nouveau Président de la République en place, il a fallu renouveler l’Assemblée Nationale.

 

Sans hésiter, j’ai rejoint les candidats MoDem de la première circonscription de Savoie pour soutenir logistiquement parlant et parfois psychologiquement (car ce genre d’exercice est stressant) Marina Ferrari et Yann Bezat. 

Albens.jpg Sans faire un inventaire à la Prévert : tractages sur les marchés, boîtages à domicile, affichage réaffichage, réunions publiques et internes (souvent animées) … étaient notre quotidien, fort heureusement sous le  soleil, ce qui a facilité de nombreux échanges avec les électeurs dans les villages ou les quartiers des villes. Quelle richesse ! 

Les dimanches d’élection, c’est la tournée des bureaux de vote, le dépouillement, les joies et les tristesses procurés par les résultats. Personnellement j’ai fait 1400 kilomètres, particulièrement en ville d’Aix les Bains, dans les Bauges, la Chautagne …

Cette politique là est passionnante, le défi à relever était de relayer les 20 % réalisés par notre leader lors du premier tour des présidentielles. 

De tout ce travail nous avons été récompensés puisque Marina a rallié sur son nom, son prénom et celui de notre partie 11 % de voix sur Aix les Bains. 

Mais l’aventure était loin d’être terminée, car s’annonçaient les municipales. 

Chouette, encore des émotions, plus sérieusement nous devions donner une suite à notre engagement. 

Il a fallu convenir d’une stratégie, liste autonome ou signature d’un accord de partenariat avec le Maire sortant, voire avec son opposant ? 

Pour continuer à soutenir nos convictions nous avons décidé de retenir la seconde formule. 

Re-campagne, cette fois ci en nous intégrant à une équipe habituée, elle aussi, à ce type d’exercices répétés. Cela nous offre une bonne occasion de tester nos capacités à travailler ensemble, et cela marche. 

Un an après ce premier voyage en car, nous pouvons savourer la réussite de notre parcours. Nous serons 3 candidats MoDem élus avec des responsabilités significatives et notre quatrième candidat pouvant nous rejoindre avec de bonnes chances avant la fin du mandat.

Vous vous demandez peut être pourquoi je raconte une partie de l’année écoulée, tout simplement pour vous donner envie de vous engager en politique. 

A bientôt pour la suite de cette aventure raisonnable ….

Par Jean-Jacques MOLLIE
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Jeudi 6 mars 2008

La loi de rétention de sûreté voulue par le Président de la République et préparée par la Garde des Sceaux a été publiée la semaine dernière au Journal Officiel. Le texte de loi et son parcours institutionnel ont suscité une polémique croissante. La loi prévoit en effet de créer des centres d'enfermement à vie pour les criminels dangereux : les condamnés ayant purgé leur peine et considérés comme dangereux et potentiellement récidiviste.

Le texte vise, selon le Président de la République, à ne pas laisser des monstres en liberté après qu'ils ont effectué leur peine. Cependant, des dispositifs de lutte contre la récidive existent déjà comme l'internement d'office en milieu hospitalier fermé selon les lois Clément de 2005.

prison.jpg Le Conseil Constitutionnel a rendu une décision censurant partiellement la loi. Les sages du Palais-Royal ont estimé que la loi sur la rétention de sûreté ne saurait être appliquée à des personnes condamnées avant la publication de la loi ou pour des faits commis antérieurement. Le Conseil a aussi émis une autre réserve importante en demandant que soit vérifié que la personne condamnée a pu bénéficier pendant l'exécution de sa peine de la prise en charge et des soins adaptés aux troubles de la personnalité dont elle souffre. Dans la foulée de cet avis, Nicolas Sarkozy a suscité la surprise en demandant au président de la Cour de Cassation comment appliquer toute la loi malgré l’invalidation partielle du conseil constitutionnel. L'article 62 de la constitution indique pourtant que les décisions du conseil constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours.

Malgré la querelle juridique, les Français sont pour. D'après un sondage Ifop-Le Figaro, 80 % des personnes interrogées approuvent la loi sur la rétention de sûreté. 64 % des personnes interrogées estiment par ailleurs qu'«il faut l'appliquer dès maintenant».

Malgré tout, la réaction du Président de la République à la censure par le Conseil Constitutionnel de ces dispositions est grave. L'existence d'un contrôle de constitutionnalité est relativement récente en France. Il date en réalité de la constitution de 1958 mais son effectivité des années 70. Pendant de nombreuses années, il y a eu des traditions hostiles à ce contrôle de constitutionnalité à la fois d'extrême gauche au nom de la souveraineté du peuple mais aussi de la droite au nom de l'absolutisme du chef de l'exécutif que rien ne devait entraver. Tout le monde a considéré tout de même que le fait d'incorporer ce principe de contrôle de constitutionnalité dans le fonctionnement des institutions françaises était un progrès. Il est étonnant de voir que le Président de la République qui, en vertu même de la constitution, est le gardien de celle-ci essaie de contourner une décision du Conseil.

Le fond de cette disposition qui permet de priver de liberté une personne, non pas à raison des faits qu'elle a commis mais à raison de risques potentiels qu'elle représenterait, est également inquiétant. La démocratie est devenue majeure en 1789 et l'acte par lequel cette majorité s'est exprimée est la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. L'une des ruptures fondamentales de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, c'est le fait que précisément on a rompu avec l'arbitraire royal et notamment avec la détention arbitraire et les fameuses lettres de cachet. Cette règle connaît de très rares exceptions comme l'hospitalisation d'office dans le cas de maladie mentale avérée, certifiée par des psychiatres, et lorsque le malade mental est dangereux pour lui-même ou pour autrui. On transgresse le principe de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen repris dans son article 8 qui fonde le principe général selon lequel on ne peut être puni qu’en vertu d'un procès équitable parce qu'on a fait une infraction à la loi pénale et parce qu'on a commis un acte volontaire ou involontaire, direct ou indirect. C'est une rupture qui concerne des personnes responsables de leurs actes, condamnées et jugées, qu'on enfermerait cependant d'une manière qui rompt avec ce principe général de la responsabilité pour cause d'un fait commis.

Par MoDem Aix
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Samedi 1 mars 2008

1000 professionnels de la culture dans les rues de Paris, vendredi 29 février pour  protester contre la politique culturelle du gouvernement. La baisse des subventions, en particulier pour les théâtres de province, inquiète comme la diminution de  6 % du budget de la culture. Une rigueur imposée au nom de la réduction de la dette. Le premier ministre affiche sa volonté : « Il faut que nous résorbions notre dette, et le monde de la culture y participera comme tous les autres postes du budget de l'État » (Le Monde, 29 février). Mais plus qu'une rigueur imposée, la position gouvernementale apparaît plus comme un désengagement de l'État dans la culture. 

La culture sacrifiée au nom du déficit de l'État ? 

Manifestation-contre-la-politique-culturelle-du-gouvernement.jpg Le risque est de mettre en péril certaine actions, les initiatives (peut-être les plus profitables pour l'avenir) pour diffuser la culture dans les quartiers, le travail de sensibilisation menée par les associations, les initiatives pour faire rentrer le théâtre dans des lieux clos comme les prisons, et bien d'autres actions qui sans soutien ne pourront continuer. 

Un autre risque d'un désengagement de l'État  serait de faire retomber sur le dos des collectivités locales le financement de la culture

La position gouvernementale semble aussi inspirée pour un souci de rentabilité. S'il est légitime de vouloir instaurer un certain bon sens dans la gestion des deniers publics, imposer des règles libérales en matière culturelle irait à l'encontre de la culture qui justement n'est pas un bien de consommation comme les autres. 

Instaurer un système où prévaudrait un critère de rentabilité dans l'attribution des subventions serait prendre le parti de diffuser non pas la culture, mais d'imposer une certaine culture, pas forcement la pire, mais pas forcément la meilleure, non plus. 

En matière culturelle, seul le spectateur doit être juge. Encore faut-il qu'on lui laisse le choix, qu'on lui permette de découvrir  tout ce qu'il existe, tout ce qui se crée, tout ce qui sort de l'imagination de nos artistes. 

Comme l'a dit François Bayrou, « La culture est pour nous au cœur de ce qu'est une société, au cœur de notre projet de société, elle ne doit pas se rendre aux contingences de la société marchande » ; gageons que le Grenelle de la culture lancé en février par la ministre de la culture Christine Albanel aille dans ce sens et que tous les protagonistes du monde culturel soient entendus.

Par MoDem Aix
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Dimanche 27 janvier 2008

Parmi les 316 décisions présentées dans le rapport, On retrouve tout au long du rapport de la Commission pour la libération de la croissance française de nombreuses références aux technologies de l'information et de la communication (TIC) dans les domaines de l’éducation, la politique, la culture et l’administration. Voici une revue de détail (vous pouvez retrouver l'ensemble du rapport sur le site www.liberationdelacroissance.fr) :

  • DÉCISION 2 : Repenser le socle commun des connaissances pour y ajouter le travail en groupe, l’anglais, l’informatique et l’économie.


L’apprentissage de l’anglais et l’usage d’Internet doivent être développés massivement dès le primaire. L’apprentissage d’Internet passe par la mise à disposition des outils dont il sera question plus loin. Internet permet de privilégier davantage des méthodes d’enseignement susceptibles de développer la créativité, le questionnement, l’expérimentation et le travail de groupe. Il permet aussi de faciliter le développement d’aptitudes spécifiques (linguistiques, informatiques, artistiques, sportives, créatives) autant que les connaissances académiques, et de faire de l’échec une façon d’apprendre et non de punir.

  • DÉCISION 51 : Faciliter l’accès de tous au réseau numérique. 


• Accélérer le taux d’équipement en ordinateurs dans les foyers et TPE/PME avec un objectif d’équipement de 85 % en 2012, au moyen notamment de donations des PC usagés, de soutiens spécifiques aux étudiants, et microcrédit social. 

• Renforcer et spécialiser l’usage accompagné des Espaces Publics numériques (EPN). 

• Développer l’apprentissage des TIC à l’école, notamment en repensant l’équipement des écoles du premier degré dans le cadre de plateaux technologiques cohérents et ouverts aux élèves et aux familles. 

• Vérifier à l’occasion du passage en 5e que chaque enfant maîtrise l’informatique et Internet, par l’obtention d’un « Brevet informatique et Internet », proche du « Passeport de compétences informatiques européen ». 

• Développer l’apprentissage des TIC par tous à domicile par des tuteurs.

  • DÉCISION 56 : Faciliter et sécuriser l’usage de la signature électronique.


Juridiquement, la signature électronique dite « qualifiée » a la même valeur qu’une signature manuscrite et est donc recevable en justice. Mais, huit ans après la directive communautaire, l’usage de la signature électronique qualifiée reste marginal en France, en raison de sa complexité et de son coût, des modifications qu’elle induit dans le système d’information des entreprises, des retards administratifs pris dans l’accréditation des organismes d’évaluation et surtout parce qu’elle remet en cause les privilèges de certains détenteurs de droits. 

• Mettre en place un dispositif de signature libre et gratuit. 

• Instituer dans les administrations des solutions simples et standard de signature électronique.

  • DÉCISION 57 : Faire verser une contribution aux fournisseurs d’accès Internet.


Il convient de faire verser par les fournisseurs d’accès Internet une contribution aux ayants droit auprès des différentes sociétés de gestion collective des droits d’auteur, sous la forme d’une rémunération assise sur le volume global d’échanges de fichiers vidéo ou musicaux.

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  • DÉCISION 58 : Promouvoir la concurrence entre logiciels propriétaires et logiciels « libres ».

• Promouvoir la concurrence entre les logiciels propriétaires et les logiciels libres dans les appels d’offres, notamment publics. Un objectif de 20 % des applications nouvellement développées ou installées au profit du secteur public en open source pourrait être fixé à l’horizon 2012. 

• Considérer fiscalement, comme aux États-Unis, les aides aux communautés des logiciels libres comme du mécénat de compétence. 

• Exiger, à un niveau européen dans le cadre de la politique de la concurrence entre solutions logicielles, la fixation de normes internationales garantissant l’interopérabilité entre logiciels libres et les logiciels propriétaires, en priorité.

  • DÉCISION 62 : Utiliser la présidence française de l’Union européenne pour proposer un grand programme de développement du numérique.
  •  
  • DÉCISION 63 : Créer un poste de haut-commissaire au développement numérique.


L’administration du numérique fait aujourd’hui l’objet d’un extraordinaire émiettement. On dénombre plus d’une douzaine de structures à vocation transverse compétentes (Services des technologies et des systèmes de formation, Direction du développement des médias, Délégations aux usages d’Internet) et plus d’une centaine d’organismes ayant une compétence spécifique, ce qui place les autorités de régulation (Autorité de régulation des télécommunications et des postes, Conseil supérieur de l’audiovisuel) en arbitres de décisions politiques.

Placé auprès du Premier ministre, ce haut-commissaire disposera d’une autorité sur toutes les structures ministérielles chargées du numérique et fusionnera les multiples structures et instances à vocation interministérielle actuellement éclatées auprès du Premier ministre et au sein des ministères.
  • DÉCISION 245 : Accélérer la dématérialisation des procédures.

• Accélérer la dématérialisation de la plus grande partie des procédures administratives, des services publics et des activités de relation entre les administrations publiques et les citoyens. 

• Assurer l’inter-opérabilité des systèmes informatiques et le partage des données des administrations publiques. 

• Privilégier le canal Internet pour les transactions entre administrations publiques et citoyens (sauf exceptions pour les services où une interlocution directe est préférable). 

• Organiser un réseau de points d’accès aux administrations et aux services publics à disposition des citoyens qui n’ont pas d’accès à Internet personnel.

  • DÉCISION 246 : Lancer 10 nouveaux programmes majeurs d’e-administration visant à dégager au total 15 milliards d’euros d’économies par an pour l’État.


L’e-administration doit se mettre au service des citoyens, et non plus seulement servir à gérer les contribuables. 

Doivent donc être lancés 10 programmes portant sur : 

• le recouvrement des cotisations sociales (réseau unique ACOSS, Unedic) ; 

• les recrutements aux emplois publics (Bourse numérique de l’emploi commune aux trois fonctions publiques qui pourrait ensuite être ouverte aux propositions du secteur privé) ; 

• les simplifications des procédures administratives (avec un objectif de réduction de 25 % du coût des démarches administratives demandées aux entreprises) ; 

• le guichet unique virtuel agrégeant les services des différentes administrations ; 

• la facturation (traitement centralisé et dématérialisé des factures, dématérialisation des flux entre administrations, sécurisation des données) ; 

• la justice numérique, assurant une transparence de l’information aux justiciables ; 

• les services à la personne (dématérialisation du Chèque emploi service universel, le CESU) ; 

• la mobilité géographique et le logement (Bourse Internet du logement social) ; 

• la numérisation du patrimoine culturel ; 

• la diffusion internationale du patrimoine culturel. 

Il pourrait être envisagé d’y ajouter l’établissement d’un compte administratif numérique pour chaque citoyen et chaque entreprise afin d’éviter les formalités redondantes, avec l’aval de la CNIL, la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

Par Raynald VIAL
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Samedi 26 janvier 2008

Le Figaro titrait le 10/01/08 : « les deux bombes du rapport Attali », à propos des deux mesures phares du rapport de la commission de travail sur la relance de la croissance qui sont : la relance de l’immigration et la suppression des départements.

 

Quelle ironie en effet, de voir qu’à moins d’un an de sa prise de pouvoir, Nicolas Sarkozy se trouve confronté à une situation qu’il n’attendait certainement  pas : devoir envisager de soutenir l’immigration pour relancer l’économie française.

 

Dur revers pour celui qui avait inscrit la maîtrise des flux migratoires au cœur de son programme électoral, lui permettant par la même de récupérer l’électorat de l’extrême droite et qui, il y a quelques jours encore affirmait son intention de poursuivre sa politique avec l’instauration de quotas.

 

Cette mesure de relance de l’immigration pour soutenir la croissance s’explique par le fait que le marché du travail devrait, selon une estimation récente du Ministère de l’Economie et des Finances, avoir besoin de 750.000 personnes par an d’ici 2015 pour pallier ses besoins de main d’œuvre.

 

Alors que dire des 23200 personnes sans papiers expulsées en 2007 (le chiffre précis annoncé le 07 janvier par les sources policières est de 23186), qui pour une partie d’entre elles, exerçaient une activité professionnelle sur notre territoire ?

 

La feuille de route fixée par le Président de la République à son Ministre Brice Hortefeux dans sa lettre de mission et stipulant « Il ne saurait par ailleurs y avoir d’immigration maîtrisée si notre pays n’est pas capable de lutter contre l’immigration illégale. Vous renforcerez donc les moyens techniques mis en place depuis 2002 pour lutter contre l’immigration clandestine, en  particulier la biométrie. Vous poursuivrez la politique de lutte contre les filières d’immigration illégale et de travail clandestin et vous prendrez les dispositions nécessaires pour simplifier considérablement les procédures d’éloignement. Vous vous fixerez des objectifs exigeants en termes de reconduite à la frontière. Les régularisations seront mises en œuvre, au cas par cas, à titre exceptionnel, uniquement si des raisons humanitaires le justifient. », serait-elle au final, en contradiction avec les besoins de la France ?

 

Comme le souligne la commission Attali, l’immigration est un facteur de développement de la population et est donc en tant que telle une source de création de richesse, donc de croissance.

 

Aux vues des besoins énoncés par le Ministère du Budget, le projet d’instauration de quotas migratoires au profit de l’immigration dite de « travail », apparaîtrait bien mal venu.

 

Un article sur Nouvel Obs.com de mai 2006 rappelait par ailleurs, que selon diverses associations de défense des droits des étrangers, la plupart des personnes entrées au titre des migrations familiales « travaillent » une fois arrivées en France. Encore une raison d’assouplir la mission de Monsieur Hortefeux qui donnait pour objectif à ce dernier de faire en sorte que « (…) l’immigration économique représente 50% du flux total des entrées à fin d’installation durable en France. ».

 

Comment Nicolas Sarkozy va-t-il négocier ce que nous qualifions de retour de boomerang ?

 

Comment pourra-t-il publiquement justifier le choix de relancer une politique de l’immigration, sans risquer de froisser son électorat conservateur ?

 

Les réalités économiques rattrapent finalement ces discours surannés qui visent à vendre la division et la peur.

 

Notons que, le Ministère de l’Immigration a publié récemment une circulaire visant à permettre la régularisation de sans papiers travaillant déjà en France, mais que cette information a été passée sous silence.

 

Toutefois, selon France Terre d’Asile, ce dispositif ne serait pas équitable, puisque la liste des métiers « ouverts » aux immigrés non européens est plus restreinte que celle adoptée pour les ressortissants des nouveaux pays européens.

 

La France qui s’est construite dans la différence se doit de demeurer une terre d’accueil et de promotion des valeurs universelles des Droit de l’Homme.

 

 

 

Repères : Les chiffres de l’immigration en France  Source : Le nouvel Obs 02/05/2006.

 

Le nombre d’étrangers admis régulièrement au séjour en France, s’est situé en 2004, à quelques 140 000 personnes, selon un rapport de la Direction de la population et des migrations.

 

Entre 80 000 et 100 000 étrangers en situation irrégulière s’installeraient chaque année en France. Le nombre de sans papiers est estimé aujourd’hui entre 200 000 et 400 000 personnes.

 

Selon l’INSEE, les 2/3 des immigrés en France sont âgés de 25 à 64 ans et 13% ont moins de 25 ans.

 

La moitié des immigrés sont arrivés avant 1974. 45% viennent d’Europe, 39.3% d’Afrique et 12.7% d’Asie.

 

Le nombre de naturalisations s’élève à environ 150 000 chaque année. En 2004, sur 10 nouveaux Français, 50% sont originaires du Maghreb, 11% d’un autre pays africain et 15% d’Asie.

 

Pour consulter la liste des 61 métiers ouverts : http://www.travail.gouv.fr/dossiers/travailleurs-etrangers/ouverture-progressive-du-marche

Par Marina FERRARI
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