Contrairement aux idées véhiculées par les médias, le pouvoir d’achat français continue de croître. Alors pourquoi ce leitmotiv de la baisse du pouvoir d’achat ? Un rappel de méthodologie et un retour sur les chiffres s’impose.
Le terme de pouvoir d’achat est couramment associé au revenu disponible brut réel, à savoir le revenu disponible brut déflaté par le prix des dépenses de consommation des ménages. Il s’agit d’une grandeur macroéconomique. Parallèlement, l’INSEE publie un concept microéconomique de revenu disponible. Celui-ci provient de données d’enquêtes (enquête sur les Revenus Fiscaux) qui permet de disposer du revenu moyen disponible par ménage. Ce sont d’ailleurs ces données individuelles qui permettent de calculer les indicateurs d’inégalités (concentration, coefficient de Gini, rapport inter-déciles…). Chacun doit donc faire l’objet d’une analyse particulière.
Le pouvoir d’achat, au sens global du terme, augmente régulièrement en France ces dernières années (+2,6 en 2004, +1,7% en 2005, +2,3% en 2006). En 2007, il a encore progressé de 3,3%.
Pourtant, les ménages ont nettement l’impression que leur pouvoir d’achat ne cesse d’être amputé. De nombreuses raisons expliquent ce sentiment. Sans vouloir être exhaustif, essayons de recenser les principales.
Deux raisons économiques majeures peuvent être pointées :
ü La croissance des revenus du travail augmente, mais à un rythme plus lent, alors que celle des revenus du patrimoine s’accélère. Or, la majorité des ménages ne reçoit ni intérêts et/ou dividendes, ni loyers créant une écart de croissance des revenus en faveur des ménages possédants.
ü La structure des dépenses s’est modifiée, plus particulièrement pour les ménages les plus modestes, avec une charge accrue des dépenses imputées (qui représentent 16% du RDB) et des dépenses liées au logement en général, ainsi que des dépenses contraintes que sont l’énergie, les transports et les produits de première nécessité (alimentation notamment). Compte tenu de cette structure de consommation, les ménages les plus modestes souffrent davantage de la hausse des prix à la consommation. En outre, les charges de logement représentent jusque la moitié des revenus pour les plus modestes contre moins d’un quart pour les ménages les plus aisés. Sans oublier qu’une hausse des loyers apporte un surcroît de revenu aux ménages propriétaires.
Des raisons démographiques et/ou sociologiques s’ajoutent à celles-ci. La population française croît à un rythme relativement élevé (jusqu’à 0,6% par an) du fait d’un taux de natalité important et d’une mortalité qui ne cesse de chuter. De fait, le pouvoir d’achat par tête s’en trouve donc en contrepartie affecté. De même, pour les raisons sociologiques que l’on connait, l’accroissement du nombre de ménages (y compris famille monoparentales, etc…) se révèle dynamique (+1,4% par an), d’où un pouvoir d’achat par foyer qui se trouve amputé à ce titre.
Par ailleurs, le pouvoir d’achat s’observe également par les rapports inter-déciles, reflet des inégalités entre les plus modestes et les mieux lotis. Depuis 2001, ce rapport diminue légèrement (3,23 en 2001 pour 3,15 en 2006) : l’écart entre le niveau de vie des 10% des ménages les plus riches et celui des 10% des ménages les plus pauvres s’est légèrement amélioré. A noter que cet écart inter-décile s’était fortement réduit depuis les années 50 (rapport d’environ 9 en 50 et environ 6 en 60), avant de se stabiliser vers 3,2 depuis les années 90.
Néanmoins, cette méthodologie mérite d’être précisée :
D’une part, elle ne mesure pas les extrêmes. Une étude récente de Camille Landais montre clairement que les très hauts revenus (0,01% les plus riches, soit 3500 contribuables en France) explosent : +42,6% entre 98 et 2005. La tranche des 10% les plus aisés, pour sa part, a vu son revenu n’augmenter « que » de 8,7% et les 90% restant n’ont eu qu’une hausse de 4,6% de leur revenu sur 8 ans, soit un accroissement annuel moyen du revenu de 0,56%, donc bien en-deçà de l’accroissement annuel de la richesse. En d’autres termes, les ménages les plus aisés captent en termes relatifs une partie plus importante de la richesse produite.
D’autre part, à l’autre extrémité de l’échelle des revenus, se pose le problème de la pauvreté. L’intensité de la pauvreté est mesurée par l’écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté. Le nombre de personnes vivant avec moins de 40% du revenu médian a augmenté de 14%. Autrement dit, les plus pauvres sont de plus en plus pauvres. Si l’on prend les personnes vivant avec moins de 60% du revenu médian, la proportion est en revanche en légère amélioration, comme le note Jean Peyrelevade dans son dernier livre, de 13% à 12% entre 1996 et aujourd’hui, un chiffre sensiblement inférieur à la moyenne européenne.
Au total, le rapport inter-décile est stable ou s’améliore légèrement, mais les inégalités se creusent aux extrêmes.
La « classe moyenne », celle qui se situe entre D2 et D8 (selon le critère de Louis Chauvel, la classe moyenne représente 80% de la population), semble encore relativement protégée de cette polarisation. En dynamique toutefois, une minorité issue des classes moyennes réussit à monter dans les classes supérieures (exemple des ingénieurs très diplômés), la précarité de l’emploi s’accroît pour les fractions inférieures (ouvriers et employés qualifiés), et les fractions intermédiaires (instituteurs, infirmières, professeurs de lycées, etc.) buttent sur la fin de l’expansion de la fonction publique (limitation du nombre des fonctionnaires liée aux contraintes budgétaires).
En résumé, le pouvoir d’achat s’accroit en moyenne. Cette hausse masque toutefois une réalité plus complexe, qui explique la perception des Français sur la baisse du pouvoir d’achat (qui en font leur première préoccupation). Il apparaît enfin que rien ne justifie à ce stade une politique qui privilégierait les plus aisés, comme le fait le gouvernement actuellement.
Vous pouvez retrouver une partie de l'intervention de Delphine Bense lors de l'Université de rentrée du Mouvement Démocrate à Cap Estérel :


En ce jour
d'action nationale sur les retraites et le temps de travail, force est de constater que ce moyen de revendication n'apparait plus comme un moyen efficace, ni rassembleur. De nouvelles méthodes de
négociation doivent certainement être envisagées et testées.
Puis le car
nous a emmenés quelques semaines plus tard à Lyon, à ce grandiose meeting porteur d’espoirs raisonnables.
Sans faire un
inventaire à la Prévert : tractages sur les marchés, boîtages à domicile, affichage réaffichage, réunions publiques et internes (souvent animées) … étaient notre quotidien, fort heureusement
sous le
Le Conseil Constitutionnel a rendu
une décision censurant partiellement la loi. Les sages du Palais-Royal ont estimé que la loi sur la rétention de sûreté ne saurait être appliquée à des personnes condamnées avant la publication
de la loi ou pour des faits commis antérieurement. Le Conseil a aussi émis une autre réserve importante en demandant que soit vérifié que la personne condamnée a pu bénéficier pendant
l'exécution de sa peine de la prise en charge et des soins adaptés aux troubles de la personnalité dont elle souffre. Dans la foulée de cet avis, Nicolas Sarkozy a suscité la surprise en
demandant au président de la Cour de Cassation comment appliquer toute la loi malgré l’invalidation partielle du conseil constitutionnel. L'article 62 de la constitution indique pourtant que les
décisions du conseil constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours.
Le risque est de mettre en péril certaine actions, les initiatives (peut-être les plus
profitables pour l'avenir) pour diffuser la culture dans les quartiers, le travail de sensibilisation menée par les associations, les initiatives pour faire rentrer le théâtre dans des lieux clos
comme les prisons, et bien d'autres actions qui sans soutien ne pourront continuer.
